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ImageL’autre jour, j’ai lu une interview d’Angela Davis dans Télérama (N°3299). Quelle femme! Et quelle vie!

Militante communiste et des droits de l’homme, proche des Black Panther, fervente défenseuse des droits des noirs américains, recherchée par le FBI (elle fera même partie des 10 femmes les plus recherchées aux USA), emprisonnée puis libérée grâce à une mobilisation de la communauté internationale sans précédent…Angela Davis est une femme qui en jette, c’est le moins qu’on puisse dire!

Mais je ne vais pas m’étendre. Si vous voulez en apprendre plus sur elle, il y’a un très bon documentaire sur sa vie et ses luttes en ce moment au cinéma (” Free Angela Davis and all political prisonners” de Shola Lynch).

Non…je voudrais revenir sur quelque chose qu’elle dit dans son interview. Alors que le journaliste l’interroge sur la nouvelle cause qui lui tient à coeur, l’univers carcéral, celle-ci dit qu’il “faut cesser de considérer les prisons indépendamment du reste de la société et de l’économie. Elles sont au coeur du système capitaliste contemporain.”

Et d’appuyer son argumentation en prenant l’exemple de Sodexo, dont l’empire est construit sur trois industries: alimentaire, militaire et surtout carcérale.

Je n’avais jamais vu les choses comme ça. Bon, je ne suis pas naïve. Pas née de la dernière pluie non plus. Je suis consciente des failles du système carcéral. Des inégalités face à la justice de manière générale aussi. Et je suis tout à fait d’accord avec Victor (Hugo, ndlr) quand il dit qu’ouvrir une école c’est fermer une prison.

Mais ces deux petites phrases m’ont vraiment marquée. Elles m’ont rappelée ce scandale aux USA, quand deux juges américains ont reconnu avoir touché plus de 2,6 millions de dollars pour envoyer en détention des délinquants mineurs qui ne méritaient pas une telle peine. Elles m’ont découragée aussi. Parce que plus ça va et plus je me rends compte que quasiment tout est régit par cette quête permanente d’amasser le plus d’argent possible, par ce capitalisme sanglant et destructeur. C’est triste. C’est effrayant. Et je ne sais pas trop où on va.

En tout cas, une chose est sûre. Il nous faut d’autres Angel(a).

Sur ce…

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